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Dourd'hal
d'hier et d'aujourd'hui


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Un village de l'abbaye Saint-Martin-des-Glandières de Longeville-les-Saint-Avold


À l'origine, Dourd'hal forme une communauté villageoise propre dont la fondation est attestée depuis au moins le XIIe siècle. L'abbaye de Longeville appelée Saint-Martin-des-Glandières y fonde alors une communauté d'habitants dans un vallon, zone de contact entre les bonnes terres à blé du plateau lorrain dominées par la forêt de Fürst et le massif du Warndt par son versant pourvoyeur de gibier et de bois.

Cette vallée est aussi traversée par le Durchtalbach, affluent de la rive droite de la Rosselle qui se dirige vers l'ancien étang de Roderisse au confluent du ruisseau du Nonnenwald avant de se jeter dans la Rosselle près de la Bohrmühle, à proximité de l'Agora.

Le nom du village est une francisation de la dénomination allemande Durchstal (à travers la vallée). L'étymologie évolue au cours des siècles, le village s'appelle Dordalheim en 1250, Dürrendallen en 1343, puis Durchdahle au XVIe siècle. Possession de l'abbaye bénédictine de Longeville-Ies-Saint-Avold, le village est administré en son nom par des sous-voués souvent issus de lignages nobles de Faulquemont ou de Fénétrange.

En 1254, l'évêque de Metz Jacques de Lorraine attribue la moitié du village à la nouvelle collégiale de Hombourg-Haut qu'il vient de fonder. Le 20 octobre 1587, l'évêché vend à l'abbaye la part de la collégiale. Le village est à nouveau réunifié sous l'autorité du seigneur abbé de Saint-Martin-des-Glandières.

Le village subit comme toute la région des destructions lors des guerres du XVIIe siècle (1633-1697). Il est reconstruit par les soins de l'abbaye à la fin du XVIIe siècle. Au traité de Paris, en 1718, le village est attribué au duché de Lorraine. Il est français comme toute la Lorraine dès 1766 et intégré dans le bailliage de Boulay. Suite aux réformes administratives de la Révolution, il est rattaché au nouveau canton de Saint-Avold.

Au XIXe siècle, la commune aux moyens financiers réduits ne connaît qu'un développement modeste. Elle voit sa population baisser de 312 habitants en 1851 à 229 en 1936. La commune est évacuée le 1er septembre 1939 dans le département de la Vienne, la mairie se replie à Vivonne. Elle connaît un premier rattachement à Saint-Avold le 1er avril 1941 lors de l'occupation allemande de 1941 à 1944.


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Une paroisse indépendante de l'archiprêtré de Saint-Avold depuis 1826



Le village, dès son origine, forme une paroisse annexe de Longeville qui l'administre. Au début du XVIIIe siècle, les habitants rechignent à se rendre à l’office religieux de Longeville en prétextant la distance et le mauvais état des routes. Ils décident donc en 1717 la construction d'une chapelle, placée sous le vocable de saint Thomas. Celle-ci est desservie par le curé de Longeville ou un vicaire chargé de lire une messe le dimanche et les jours de fête.

Peu de temps avant la Révolution, un vicaire y séjourne. Après la signature du Concordat en 1802, Dourd'hal est desservi par le curé-archiprêtre de Saint-Avold, Jean Nicolas Houllé ou par un de ses vicaires jusqu'à la création en 1826 d'une paroisse autonome. Jean Nicolas Houllé possède à Dourd'hal une ferme qu'il cède à sa mort, en 1841, au bureau d’aide sociale de la ville de Saint-Avold en charge des déshérités, d'où le surnom qui lui est attribué de "père des pauvres".

Le village connaît alors un développement démographique et l'église est bien trop petite pour accueillir tous les croyants. La commune décide donc de construire un nouveau bâtiment selon les plans dressés par l’architecte Schwartz de Sarreguemines. Le coût du bâtiment est estimé à 6156 francs.

La nouvelle église de style grange est construite en 1835-1836 sur un terrain plus spacieux. Elle est consacrée le 13 décembre 1836 par Jean Charles Wittmann, curé de Valmont. Pierre Victor Braun (1825-1882), fondateur de la Congrégation du Sacré Cœur de Jésus, administre la paroisse du 7 février au 31 août 1860 avant de quitter la région pour un destin prestigieux. Au cours des décennies qui suivent, le conseil municipal consacre les maigres ressources de la paroisse à la décoration intérieure, l’achat de mobilier et de cloches. Un nouvel orgue est installé par le facteur d’orgues Koenig en 1957. Le maître Gaston Kern de Hattmatt le remplace par un instrument à transmission mécanique inauguré le 15 mai 1994. Depuis, la paroisse, intégrée dans la Communauté des paroisses de Saint-Nabor, est administrée par l’équipe liturgique de Saint-Avold. À 500 m à l’est du village, s’élève, depuis l’épidémie de choléra de 1832, un autre lieu de culte, une chapelle construite en 1958 et dédiée à Saint Sébastien.


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Le rattachement à Saint-Avold : le quartier de Dourd’hal



La commune, à vocation rurale au XIXe siècle, aux moyens financiers limités, connaît un premier rattachement à Saint-Avold le 1er avril 1941 lors de l’occupation allemande. À la Libération, elle redevient autonome. Elle ne connaît qu’une expansion relative malgré l’essor général enregistré dans la Bassin Houiller grâce à la houille et à la chimie. Le manque de moyens financiers chronique amène finalement le Conseil municipal et son maire, Lucien André, à solliciter la fusion de la commune avec celle de Saint-Avold par délibération en date du 27 novembre 1964. Après accord des autorités compétentes et en vertu d’un arrêté préfectoral du 24 décembre 1964, la fusion est effectuée à partir du 1er janvier 1965.


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Dourd’hal aujourd’hui :
un quartier où il fait bon vivre



Partie intégrante de Saint-Avold depuis 1965, Dourd’hal a su conserver sa structure villageoise conférant ainsi au lieu son cadre idyllique. Craignant d’être phagocyté par Saint-Avold, Dourd’hal n’a pas souffert de son rattachement à la ville. Au contraire, le village a su profiter de son intégration lui permettant son épanouissement malgré les vicissitudes du temps. Ainsi le village conjugue avec bonheur son enclavement et son ouverture vers l’extérieur. Près de 400 habitants y résident.

L’ouverture de Dourd’hal s’exprime à travers un tissu associatif très dense. De nombreuses manifestations festives et sportives permettent aux résidants de tisser des liens conviviaux entretenant un réel esprit de solidarité.

L’agriculture joue un rôle prépondérant à Dourd’hal. Les vergers, notamment, sont réputés : les cerises donnent le fameux Schnaps. Autrefois, les mineurs-paysans travaillaient leurs lopins de terre après le poste. Cette façon de procéder n’existe plus de nos jours. La majeure partie des terres du village est exploitée par la famille Peupion qui s’adonne avec bonheur à l’élevage des chevaux ardennais dont la réputation dépasse le cadre local. Le marché paysan qui se tient une fois l’an au début de l’été attire une foule considérable.

Dans ce havre de paix, lieu de villégiature, les habitants savent recevoir. Dourd’hal est le village de Moselle qui possède le plus d’hébergements touristiques labellisés « Gîtes de France ». Plusieurs familles se sont lancées avec succès dans la grande aventure du tourisme de proximité. Les touristes peuvent ainsi découvrir et apprécier le charme de ce village-rue lorrain aux maisons typées, les pittoresques fontaines, les rafraîchissantes cascades et les innombrables chemins de campagne que l’on peut parcourir à vélo ou à pied. Niché au cœur d'un vallon verdoyant, Dourd'hal est un véritable trait d'union entre tradition et modernité.






Texte : Pascal Flaus et Jean-Henri Pirot
Service des Archives de la ville de Saint-Avold

Remerciements pour leur contribution à François Belin et à la famille Muller

Conception et mise en page : Bernard Becker