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Les dossiers de la Société d'Histoire du Pays Naborien - 73




Un Lorrain au service de la chrétienté
Charles V, duc de Lorraine (1643-1690)



par Pascal FLAUS



L’événement récent du 11 septembre 2001 marqua durablement les esprits et constitua une césure dans la lutte du monde civilisé contre le terrorisme islamique. Le choix de la date de la frappe contre les U.S.A. n’est peut-être pas étranger à un autre évènement de l’histoire européenne : la bataille du "Kahlenberg" du 12 septembre 1683 qui marqua un arrêt de la progression de l’Islam en Europe. Dans ce combat, le duc de Lorraine Charles V, fidèle à une tradition d’alliance impériale, joua un rôle essentiel. Nous allons relater la vie de ce grand militaire, très aimé de ses soldats, qui perpétua ainsi le génie militaire lorrain et celui de sa famille en Autriche.


Un Lorrain né en exil


Charles V naît à Vienne en Autriche, le 3 avril 1643. Ses parents, Nicolas François de Vaudémont (1609-1670), frère de Charles IV, duc de Lorraine et de Claude de France (1612-1648), fuient la Lorraine, le 1er avril 1634, après avoir été préalablement arrêtés sur ordre de Louis XIII dont les troupes occupent les duchés depuis septembre 1633. Un long périple les mène de Franche-Comté espagnole, chez la parenté à Munich en août 1636, puis à Venise alliée à la Lorraine où le couple vit dix-huit ans. Nicolas François se rapproche des Habsbourg et s’installe à Vienne où il fréquente la cour de Ferdinand III. Il bénéficie de l’affection et du soutien financier du couple impérial. En effet, comme pour le reste de la famille Vaudémont, leurs biens lorrains ont été mis sous séquestre et ils ne peuvent tirer des revenus de leurs domaines lorrains dévastés par les guerres.

Nicolas François, comme son frère Charles IV (1604-1675), duc de Lorraine, et sa sœur Henriette de Lorraine (1605-1660) s’engagent ouvertement du côté des Habsbourg de Vienne et de Madrid, seuls garants de l’indépendance des duchés face à la France.


Une brève carrière ecclésiastique et le choix impérial


Le jeune Charles, cadet d’une fratrie de cinq enfants, est d’abord destiné à une carrière ecclésiastique. Il obtient la charge de grand prévôt du chapitre de Saint-Dié en 1648, puis il est nommé abbé de la prestigieuse abbaye de Gorze en 1649. La mort prématurée de son frère aîné Ferdinand Philippe (1639-1659), promis à la succession, le désigne héritier de droit de la dynastie régie selon le principe de "masculinité", à la mort de son oncle Charles IV qui n’avait pas d’héritier mâle pour lui succéder. De retour en Lorraine avec ses parents qui s’étaient rapprochés de la Cour de France après la signature du traité de Vincennes, le 28 février 1661, Charles V renonce à la carrière ecclésiastique, promis en 1662 à Mademoiselle de Nemours, Marie Jeanne Baptiste de Savoie (1644-1725), parente de Louis XIV. Le 6 février 1665, le Roi Très Chrétien, impose au duc de Lorraine, le traité de Montmartre et la cession de Marsal. Charles V refuse de reconnaître cet accord, quitte la Cour de France qui, de son côté, dénoncera la liaison avec la princesse de Savoie. Il trouve refuge à Vienne chez l’empereur qui refuse le traité. Commence alors, pour le jeune prince, une carrière militaire. Il fait ses premières armes contre les Ottomans et sert sous la direction du généralissime Raimondo Montecuccoli (1609-1680). Il s’illustre à la bataille de Saint-Gothard en Hongrie, le 1er août 1664. Lors de cette bataille, le duc commandant un régiment de cavalerie, fait preuve de bravoure. Les impériaux infligent à l’armée ottomane d’Ahmed Koprülü, une défaite historique. L’empereur impose la paix d’Eisenburg, signée le 10 août 1664, prévoyant une trêve de dix années et le statu quo en Hongrie.

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Léopold 1er de Habsbourg par Benjamin von Block (1672)
Kunsthistorisches Museum, Wien.



Un danger mortel pour l’Occident : le développement de l’Empire ottoman et de l’Islam


Depuis la chute de Constantinople en 1453, l’Empire ottoman n’avait cessé de se développer dans les Balkans et dans le bassin de la Méditerranée menaçant les Républiques italiennes et les possessions des Habsbourg d’Autriche et d’Espagne. Un premier assaut de Soliman le Magnifique contre Vienne, assiégée du 27 septembre au 14 octobre 1529, avait été repoussé par le général ardennais Nicolas comte de Salm, gouverneur de la capitale autrichienne. Lors de ce siège de nombreux Lorrains s’étaient distingués, citons ici les trois frères Haffner de Saint-Avold.

Les ducs de Lorraine, se disant descendant de Godefroy de Bouillon, comme tout prince de l’Empire, n’avaient cessé depuis le XVIème siècle, d’envoyer des troupes et subsides à l’empereur, en première ligne face à la menace ottomane. Comme tous les sujets impériaux, les Lorrains ducaux payent un impôt spécial la "
Türckenschatzung" ou l’impôt des Turcs, prélèvement chargé de contribuer à la levée de contingents dans le cadre des "Reichskreise" ou cercles d’Empire.

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Le duc de Lorraine Charles III (1543-1608), prince du Saint-Empire décide, en vertu d’un accord « faictz entre feu Antoine » duc de Lorraine (1487-1544)
et les « Estats du Saint Empire », d’une imposition extraordinaire de trente gros par conduit (foyer fiscal) « le plus fort supportant le plus faible » à payer par ses sujets lorrains
y compris ceux du Bailliage d’Allemagne, en vertu d’une décision prise par la Diète impériale réunie par l’empereur Maximilien II (1527-1576) à Augsbourg en janvier 1566
« pour riposter aux forces et armées du Turcq et subvenir aux aultres affayres audit empire ».
À Nancy, le 10 septembre 1566.

Archives départementales de Meurthe-et-Moselle B 307
Nous remercions Vincent Vion, historien de Hombourg-Haut, pour l’envoi du document.




Au niveau de la seigneurie de Hombourg-Saint-Avold, les Naboriens sont aussi sensibilisés au danger ottoman. Ils accueillent dans leur cité, de nombreux nobles venus de toute l’Europe, quémandant de l’argent au profit de parents ou d’enfants partis en pèlerinage en Terre Sainte, enlevés lors de leur longue traversée par les pirates barbaresques d’Alger qui, agissant avec la complicité de la "Sublime Porte", faisant d’Alger un haut-lieu de l’esclavage et de la traite négrière et blanche (européenne). La majorité des chrétiens ou pèlerins trop pauvres pour acquitter une rançon finissent leurs jours dans les carrières d’Alger la Blanche, les jeunes filles sont généralement prostituées ou vendues à de riches marchands.

Les militaires qui s’en reviennent du "front de Hongrie", après de nombreuses années, au service de l’Empire, bénéficient aussi de la générosité des bourgeois de la ville qui, par charité chrétienne, les hébergent gratuitement et ils leur versent quelques florins provenant de quêtes spéciales, levées lors de messes particulières et gérées par le biais de l’Hôtel-Dieu. Cette menace turque et de l’Islam est aussi rappelée journellement aux fidèles lors de la prière de l’Angelus instituée lors des croisades par les papes Urbain II puis Calixte III en 1456, après la chute de Byzance. L’Église appelle ses fidèles à prier trois fois par jour pour la paix et l’arrêt de l’avancée de l’Islam.

Cette lutte à mort avec les Ottomans est rendue très difficile, car la chrétienté n’offre malheureusement pas un front uni. En effet, la monarchie française avait, depuis le traité de 1536 entre le roi François I et le sultan Soliman le Magnifique, signé les "Capitulations de l’Empire ottoman", alliance dirigée contre les Habsbourg. Cet accord provoque incompréhension et un grand émoi en Occident. Il perdurera jusqu’à l’expédition d’Égypte de Bonaparte de 1799 à 1801. Ce traité est réactivé par chacun des rois français, en fonction de l’intérêt supérieur de la monarchie. Louis XIV, désigné pourtant "Roi Très Chrétien", encourage par son ambassadeur, le sultan Mehmed IV à ne plus renouveler le traité d’Eisenburg et à attaquer l’Empire. L’ouverture des hostilités en Hongrie permettait de diviser les forces armées impériales déjà moins nombreuses et moins bien armées que les troupes françaises. Louis XIV peut ainsi, sans grande résistance et avec cynisme, conquérir et "réunir" de nombreux territoires dans l’Ouest du "Reich".

Pendant seize ans de 1683 à 1699, les impériaux soutiennent les offensives conjointes à l’Est et à l’Ouest de la France et de son alliée la Turquie. Le souverain français envoie aussi des artificiers au sultan et refuse de participer à la Sainte-Ligue, alliance de princes allemands, de la Pologne, de la Lituanie et de Venise. De nombreux nobles français désobéissent au roi et tentent individuellement de participer à la lutte contre les Ottomans mais sont, à l’instar des Conti, arrêtés et enfermés dans les geôles du royaume.


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Le duc Charles V - Lithographie.



Charles V : le sauveur de l’Occident


Comme son père l’avait fait, Louis XIV ne respecte pas ses engagements et veut s’emparer du duché de Lorraine. Il exige en 1669, du duc de désarmer ses troupes et de les licencier, puis sans déclaration de guerre, il occupe le duché à l’été 1670. Charles IV reprend avec une petite armée de fidèles le chemin de l’exil vers Vienne où servait déjà son neveu. Dans le cadre de la Guerre de Hollande, de 1672 à 1678, il inflige aux troupes du maréchal Bonne-de-Créqui, une cuisante défaite à la bataille du Pont de Konz, le 11 août 1675. Fatigué et malade, il décède le 18 septembre 1675 à Allensbach.

Charles V est désigné, au décès de Montecuccoli, généralissime de l’armée impériale. Ce titre de chef suprême des armées est une reconnaissance de sa bravoure et de ses talents militaires. À l’instar de ses glorieux prédécesseurs (Abrecht von Wallenstein, Montecuccoli) ce titre lui confère un prestige et l’exempte de tout rapport au "
Hofkriegsrat", Conseil de guerre présidé par l’empereur lui-même. Il occupera ce poste jusqu’en 1688. Au décès de son oncle, il prend le titre de duc de Lorraine et du Barrois, reconnu, à l’exception de la France, par tous les États de la chrétienté.

Charles V fréquente la Cour de Vienne. Très apprécié par Léopold Ier de Habsbourg, il se lie avec passion à l’archiduchesse Eléonore Marie Josèphe (1655-1697), "reine douairière de Pologne", sœur de l’empereur, jeune veuve du roi de Pologne Michel Wisniowiecki. Suite à son mariage en 1678, l’empereur concède au duc de Lorraine "sans terre", le gouvernement de la province du Tyrol et des possessions habsbourgeoises éparpillées en Alsace du Sud, Suisse et au Vorarlberg. Le jeune couple s’installe à Innsbruck bien loin des intrigues de la "
Hofburg".


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L’archiduchesse Eléonore Marie Josèphe (1655-1697) par Daniel Schultz
Wawel Royal Castle, Cracovie.


Malgré la santé chancelante de Charles, le couple a une descendance de six enfants dont l’aîné Léopold Joseph, futur duc, né en 1679. Souvent absent de sa petite Cour du Tyrol, il confie le gouvernement à son épouse et à ses conseillers lorrains. C’est au Tyrol qu’il fait la connaissance du capucin Marco d’Aviano (1631-1699), d’origine vénitienne, prédicateur hors pair, qui possède des dons de thaumaturge. Cet ecclésiastique soigne le duc qui le présente à son beau-frère l’empereur, celui-ci deux fois veuf, s’apprête à convoler pour la troisième fois mais se désespère de ne pas avoir d’héritier mâle. Il demande l’intercession du moine et un héritier naît en 1678. On lui donne le prénom inusité chez les Habsbourg, de Joseph I (1678-1711), en hommage au père nourricier du Christ, déclaré saint, protecteur de la dynastie. Une grande amitié lie désormais le capucin, légat du pape, prédicateur à la Cour, et très actif lors de la "Grande Guerre turque" (1683-1699). Ã son décès, Marco d’Aviano, aura le privilège d’être enterré à la crypte des Capucins, au milieu des membres de la dynastie. Il est béatifié par le pape Jean-Paul II, le 27 avril 2003.



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Marco d’Aviano (1631-1699) – Peinture sur huile, Rome.



La deuxième bataille de Vienne :
les Habsbourg rempart de la chrétienté "Schutzwall der Christenheit"


Le sultan Mehmed IV (1642-1693), convaincu par la diplomatie française, dénonce le traité d’Eisenburg et décide d’attaquer l’Empire. Il réunit une immense armée d’environ 200 000 hommes, en confie le commandement au Grand Vizir Kara Mustafa (1635-1683) qui, de Belgrade occupée, marche sur Vienne en mars 1683. L’armée impériale très inférieure en nombre et commandée par le duc de Lorraine, ne peut freiner l’avance des Ottomans. Mise en déroute en Hongrie, elle reflue vers Vienne le 2 juillet 1683, talonnée par la cavalerie des tatars de Crimée forte de 40 000 hommes. Le pays de Vienne, la Carinthie et le Burgenland sont alors livrés aux hordes asiatiques. Les monastères dont le prestigieux couvent des prémontrés d’Heiligenkreutz sont livrés aux flammes, les villages détruits, femmes et enfants réduits à l’esclavage. Un vent de panique s’empare de l’Empire. La capitale autrichienne encore éprouvée par la peste de 1679, qui avait fait plus de 50 000 morts, centre névralgique de la monarchie, est précipitamment abandonnée par la cour le 8 juillet et par environ 30 000 habitants. La garnison estimée à 11 000 hommes, est renforcée par la population civile et les milices bourgeoises, commandée par le comte Ernest Rüdiger von Starhemberg qui ordonne que l’on consolide précipitamment les remparts et redoutes, rebâtis sur le modèle italien en 1548. Dès le 14 juillet 1683, la ville coupée de l’extérieur, subit un intense bombardement tandis que 5 000 sapeurs tentent d’en ébranler les remparts. L’empereur réfugié avec la Cour à Passau puis à Linz, ne reste pas inactif. Il en appelle à tous les princes d’Empire, à son allié le roi de Pologne, tandis que le pape Innocent XI réactive la Sainte-Ligue, sans l’aide de la France, la fille aînée de l’Église.


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Lithographie de Vienne en 1680.



Deux armées de secours constituées peu de temps avant la chute de Vienne, s’ébranlent début septembre. La première, composée de 70 000 hommes, formée de contingents allemands, autrichiens, est confiée au duc de Lorraine. Cette armée dite "impériale" est secondée par une armée de secours de 30 000 hommes menée par le roi de Pologne Jean III Sobieski (1629-1698). Selon un plan de bataille établi par Charles V, les deux armées chrétiennes décident de prendre les Ottomans à revers, par une charge des hussards polonais par la forêt de Vienne couvrant la colline du Kahlenberg, le 12 septembre 1683. Au jour fixé et à l’aube, après une messe célébrée par le père d’Aviano, Jean III Sobieski et sa cavalerie enfoncent le dispositif ottoman tandis que Charles V en attaque le flanc provoquant une panique généralisée dans les rangs turcs. En fin de journée, les Ottomans refluent, marquant le signal de la victoire chrétienne. En abandonnant son camp, l’armée ottomane laisse un butin considérable. De nombreux drapeaux et bannières récupérés ornent encore de nos jours le Musée des armées de Vienne et celui du Musée lorrain de Nancy. La découverte de plus de 500 sacs de grains de café non torréfié remis par les militaires au marchand Georg Franz Kolschitzky, marchand croate installé à Vienne et familier de cette boisson qu’il appréciait lors de ses voyages commerciaux dans l’Empire ottoman. Les autorités lui permettent d’ouvrir un premier café. Le café viennois se développe alors au XVIIIème siècle. La création d’une pâtisserie particulière (croissant ou Klipfel) par les boulangers de la ville, rapportée par de nombreux historiens en souvenir de la défense d’une redoute défendue par cette corporation, est une légende. Des pâtisseries sous forme de croissant existent à Vienne depuis le Moyen-Âge. Elles sont diffusées par les monastères.


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Angriff der polnischen Kavallerie am Kahlenberg auf die Türken vor Wien (1683)
Jan Wyk,1698.



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Jean III Sobieski, Palais royal, Varsovie.


Cette grande victoire des forces impériales est accueillie avec joie et soulagement dans toute la chrétienté. Le pape Innocent XIII institue à l'Église universelle le 12 septembre, la commémoration de la fête du Saint Nom de Marie, en souvenir de la Vierge vénérée par le roi de Pologne la veille de la bataille. En 1676, l’empereur avait déjà mis son armée sous la protection de la Vierge de Mariazell. La guerre se poursuit encore de nombreuses années jusqu’au traité de Passarowitz, le 21 juillet 1718, qui marque la victoire définitive des Habsbourg dans les Balkans.

Sur leur lancée, les troupes catholiques poursuivent une contre-offensive générale. Charles V, assisté du prince Eugène de Savoie, s’empare de la ville de Buda appelée le "Bouclier de l’Islam" en Hongrie le 2 septembre 1686 et libère ce pays du joug ottoman. Il écrase les Turcs le 12 août 1687 à la bataille de Harsany près de Mohács. Il poursuit son offensive et libère la Slavonie et la Transylvanie. De santé chancelante, il doit abandonner, contraint et forcé, ses troupes dès 1688, remplacé par Maximilien Emmanuel, électeur de Bavière (1662-1726). Après un bref séjour à Innsbruck, il est rappelé d’urgence par l’empereur pour tenter de contenir Louis XIV dans le cadre de la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697). Il ne peut empêcher le saccage du Palatinat avec la destruction de très nombreuses villes rhénanes par les Français mais remporte, le 10 septembre 1689, une importante victoire à Mayence qui lui permet de libérer la ville. Son désir de délivrer les duchés occupés en provoquant un soulèvement général échoue devant l’infériorité numérique de son armée. Il propose à son beau-frère, l’empereur une réorganisation en profondeur de l’armée impériale. Invité à Vienne pour en conférer, il meurt foudroyé par une embolie pulmonaire à Wels, le 18 avril 1690.


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Kara Mustafa, Kunsthistorisches Museum, Wien.


Enterré à l’église des Jésuites d’Innsbruck, Charles V rejoindra ses ancêtres à l’église des Cordeliers de Nancy au retour en Lorraine de son fils Léopold Ier (1679-1729), duc de Lorraine, après la signature du traité de Ryswick en octobre 1697. Grâce à la diplomatie impériale, le duché recouvra son indépendance. Apprenant la mort subite du jeune duc, Louis XIV aurait dit : « Le plus grand, le plus sage, et le plus généreux de mes ennemis est mort ».

Le souvenir de Charles V est très vivace en Autriche. Bien après sa mort, l’empereur François-Joseph, par patente du 28 février 1863, le cita comme «
berühmtesten zum immerwährenden Nacheiferung würdiger Kriegsfürsten und Feldherren Österreichs », élevé au panthéon « des plus célèbres et des plus honorables, prince de guerre et général autrichien ».

Une statue en marbre de Carrare, réalisée par le sculpteur Josef Anton Gröbner (1818-1882), le représente en général et décore, la galerie des prestigieux militaires autrichiens, au Musée militaire de Vienne (photo Pascal Flaus en haut de page). Une rue Karl-Lothringen Strasse, dans le 21ème arrondissement de la capitale autrichienne rappelle ce prestigieux militaire. Nancy, ancienne capitale du duché, ne l’a pas oublié puisque un boulevard Charles V rappelle le souvenir du duc qui n’a jamais régné. Charles V joua un rôle essentiel dans la lutte de l’Occident chrétien face aux Ottomans. Il poursuit ainsi l’œuvre de ses ancêtres, tous marqués par cet esprit de croisade.
Sachons-nous en souvenir.




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