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Vue d’ensemble de la jonction entre la courtine et la tour du Lanter, prise du sud-ouest

Les dossiers de la Société d'Histoire du Pays Naborien - 98



L’enceinte urbaine de Saint-Avold d’après les interventions archéologiques récentes


par Hélène Duval , Laurent Gébus et Philippe Kuchler
(extraits de l'article paru dans le numéro 23
du Cahier du Pays naborien)


Les premières études sur les fortifications de Saint-Avold, souvent anciennes, sont l’œuvre d’érudits locaux qui abordent ce sujet dans des ouvrages monographiques à caractère historique (Bronder, 1868 ; Henrion, 1974 ; Eckert, Maurer, 1976-1977). Il faut attendre le milieu des années 1990 pour que des chercheurs s’intéressent de nouveau à la topographie historique de cette ville, avec, parfois, une approche critique des sources archivistiques et archéologiques (Gabriel, 1993 ; Prévot, 1996). Très récemment, la question de l’enceinte urbaine de Saint-Avold a été évoquée dans une thèse d’habilitation à diriger des recherches, notamment par la présentation d’un plan inédit de son tracé, réalisé à partir du cadastre napoléonien (Giuliato, 2006 : atlas).

Si l’on se réfère à la chronique des évêques de Metz, le bourg abbatial n’est fortifié que tardivement, sous l’impulsion d’Adhémar de Monteil (1327-1361). Cet évêque messin est également à l’initiative de la création, en 1331, de l’enceinte urbaine de Nomeny, qui demeure ainsi l’élément de comparaison le plus pertinent pour l’étude des fortifications de Saint-Avold. Un acte de 1360 mentionne, par ailleurs, que le prélat avait accordé depuis longtemps aux bourgeois le droit de percevoir des péages et des droits de douane pour payer la construction, l’entretien et la garde de l’enceinte : «
l’avez fait environner de tous côtés d’un mur épais, de fortes tours et de profonds fossés, avec de grands travaux, dépenses et déboursés ».

Un plan du XVIe siècle, publié en 1974 par L. Henrion, représente pour la première fois la ville de Saint-Avold ceinturée d’une muraille devancée par un fossé. D’une longueur d’environ 1 340 m, la courtine est flanquée d’une douzaine de tours, dont quatre ont été localisées : le
Bleythurm, le Thurm hinder dem Spithal, le Harfenthurm et le Lanterthurm ou tour du Lanter. Les noms des autres tours sont connus, mais leur localisation reste incertaine : le Posterthurm, le Calekthurm, le Predigerthurm, le Grossthurm, le Kœnigsthurm, le Hartthurm et le Chacherwirrichsthurm. Quatre portes principales au nom des quatre évangélistes permettent d’accéder à la ville : la porte de Hombourg ou Saint-Marc à l’est, la porte de Longeville ou Saint-Luc à l’ouest, la porte du Nord ou Saint-Jean au nord et la porte du Couvent ou Saint-Matthieu au sud.

Actuellement, il ne subsiste qu'une tour au niveau du passage des Poilus (le Predigerthurm ?). Quelques segments de la courtine médiévale sont également visibles entre le groupe scolaire P. Frisch et ce même passage, ainsi que le long des rues du Général de Gaulle et de la Montagne.

Le démantèlement des fortifications débute dès le XVIIe siècle, pendant la guerre de Trente Ans, avec deux attaques menées, en 1636, par le cardinal de la Valette et, en 1639, par les troupes du duc de Lorraine Charles IV. Parallèlement, le 4 mai 1631, Mgr de Phalsbourg donne l’autorisation aux religieuses de l’Annonciation d’appuyer la charpente de leur maison contre l’enceinte. Mais ce n’est qu’au début du XVIIIe siècle, sous le règne de Stanislas Leszczynski, que l’enceinte urbaine est totalement abandonnée. Les portes de Longeville et de Hombourg sont notamment détruites en 1730.

Les travaux récents


Les recherches récentes sur l’enceinte urbaine de Saint-Avold se limitent aux interventions archéologiques réalisées aux abords de la rue de la Montagne entre 1995 et 2008.

Entre 1995 et 1999, les interventions de reconnaissance archéologique ont été motivées par un projet municipal de réaménagement et de construction d’immeubles d’habitation affectés au Foyer du Mineur et du Combattant. La dernière en date, celle de février 2008, a été réalisée préalablement à la mise en œuvre d’un parking souterrain.

La première opération archéologique a été réalisée en 1995 sous les responsabilités de V. Blouet (SRA de Lorraine) et de N. Meyer (AFAN). Il s’agit de sondages du bâti, préalables à la démolition des habitations, qui ont permis d’observer des portions de la courtine médiévale sur les façades arrière de quatre maisons et de confirmer la présence, à cet endroit, de la tour du Lanter. Une opération de diagnostic a été menée la même année par P. Thion (SRA de Lorraine). Elle a révélé la présence d’un mur d’enceinte conservé sur deux assises et précédé de deux fossés défensifs.

Au vu de ce résultat positif, une première fouille d’archéologie préventive, prescrite par l’État a permis de reconnaître, sur une importante superficie, cinq segments du mur d’enceinte et un fossé double. Cette fouille a été immédiatement suivie par une étude archéologique des élévations . Celle-ci a contribué à apporter des informations sur l’agencement interne et externe de la tour du Lanter, grâce à une couverture photographique, un relevé des niveaux et un autre relevé pierre à pierre des quatre façades du monument.

De nouveaux sondages de diagnostic réalisés en 1999 en raison de l’extension, plus à l’ouest, du projet immobilier, ont permis de repérer le développement des deux fossés bordant la courtine encore partiellement en élévation dans ce secteur. Les résultats à nouveau positifs de cette opération archéologique ont conduit à la fouille exhaustive de la zone d’emprise des bâtiments à construire, laquelle a confirmé la présence des deux fossés sur la totalité du site.

La dernière intervention archéologique, datée de février 2008, qui jouxtait les précédentes, a confirmé les tracés du fossé, de l’enceinte urbaine et a surtout permis de localiser précisément la tour dite du Harfenthurm . Malgré l’importance et la densité des résultats archéologiques trouvés lors de ce diagnostic, aucune fouille n’a été prescrite avant les travaux de terrassement pour la construction du parking souterrain.

De plus, des travaux de destruction ou de terrassement récents ont oblitéré les vestiges archéologiques. Ainsi, un segment de la courtine a-t-il été démantelé sans surveillance archéologique lors de la démolition, dans les années 1960, de maisons d’habitation sises à l’est de la rue de la Montagne. De même, la partie occidentale de la zone fouillée en 1996 a été décaissée, sans autorisation et en l’absence des archéologues, sur une superficie de 275 m2 peu de temps avant l’opération, entraînant la destruction du mur d’enceinte sur une longueur de 26 m et des deux fossés défensifs.

La totalité des sites se développe sur une superficie d’environ 5 500 m2. Le secteur concerné par le projet immobilier et le parking souterrain est localisé dans la partie méridionale de la ville, en contrebas d’un promontoire rocheux longé par le chemin Mahon. Il est délimité au nord par la rue de la Montagne et à l’est par la rue De Gaulle. Le terrain accuse un pendage prononcé du sud vers le nord, proche de 4 % (entre les cotes de 241, 50 et 249,70 m NGF), mais également d’est en ouest (de 248,57 à 245,94 m NGF pour la zone orientale). Ce cadre naturel particulier a sans doute influé sur la mise en œuvre d’un système défensif original dans ce secteur de la ville.

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Plan de localisation des interventions archéologiques récentes © INRAP



Types de vestiges observés et nombre de phases identifiées


Les différentes opérations archéologiques ont montré que le front sud de l’enceinte urbaine de Saint-Avold est composé d’une courtine flanquée à l’ouest d’une tour saillante de plan quadrangulaire (la tour du Lanter), devancée par une fausse-braie, et d’une tour quadrangulaire à l’est (Harfenthurm), indiquant ainsi le changement de direction du tracé de l’enceinte urbaine. Ces maçonneries sont précédées par un système de fossé double. Il semble que l’ensemble du système défensif ait été établi en une seule campagne de construction, vraisemblablement contemporaine de l’édification de l’enceinte de Saint-Avold sous l’épiscopat de l’évêque de Metz Adhémar de Monteil (1327-1361), avant 1360. Seule l’édification de la tour dite du Harfenthurm a été légèrement différée du reste du système défensif ; en effet cette construction a été conçue pour renforcer un angle formé par l’enceinte urbaine à cet endroit.


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Plan de localisation des structures archéologiques du front sud de l’enceinte urbaine © INRAP


La courtine

D’une épaisseur estimée à 1,80 m, la courtine a été observée à l’ouest de la tour du Lanter sur une longueur de 28 m et sur une hauteur maximale de 6,50 m. L’intervention de 2008 a confirmé son tracé d’ouest en est, ainsi que son changement de direction à proximité de l’abbaye Saint-Nabor, prenant une orientation nord/sud. Ses fondations reposent directement sur la roche. Son parement extérieur est constitué de blocs de grès jaune (40 x 30 cm en moyenne) montés en moyen appareil à assises régulières.

La fausse-braie

La fausse-braie est un mur constituant un « pré-rempart », construit entre le fossé et le rempart principal, et plus bas que celui-ci. D’une épaisseur moyenne d’un mètre, le mur de fausse-braie a été observé sur cinq segments, soit sur une longueur approximative de 100 m. Orienté selon un axe nord-est/sud-ouest, il marque un angle de 90° au droit de la tour du Lanter. Conservé sur une hauteur maximale de 1,30 m, cet ouvrage défensif avancé est composé de blocs appareillés de calcaire blanc, ébauchés et liés avec du mortier de chaux sablo-caillouteux rose. Un ressaut (de fondation ?) ménage un retrait du parement sur une largeur de 0,16 m. Entièrement récupérée dans sa partie médiane sur une longueur de 12,50 m, la fausse-braie prend ici la forme d’une tranchée comblée par des limons très sableux de couleur beige, incluant des fragments de mortier et des cailloux calcaires.

Cette fausse-braie est donc aménagée au niveau de l’escarpe du premier fossé afin de surélever celle-ci et de protéger la base des murailles principales contre les projectiles et contre la pose directe d’échelles par l’assaillant.

La tour du Lanter

La tour du Lanter, de plan quadrangulaire, mesure environ 6 m de côté pour une hauteur maximale conservée de 9,60 m. Sa jonction avec la courtine est encore visible sur la face ouest. Malgré de nombreuses modifications structurelles, trois niveaux ont toutefois pu être dé¬terminés. L’épaisseur des murs varie entre 1,70 m au premier niveau et 0,40 m au dernier niveau.
À l’extérieur, la tour a été remblayée au contact des élévations est et sud sur une hauteur de 2,40 m lors de la création, à l’époque contemporaine, de terrasses superposées pour la mise en culture des parcelles. Le deuxième niveau se développe sur une hauteur de 3 m, entre le seuil d’une porte et un décrochement de la façade visibles sur le côté nord.

À l’intérieur, la pièce unique couvre, au premier niveau, une superficie de 10 m2, le plancher de l’étage supérieur se situant à 2,80 m du sol. Lors de l’étude archéologique des élévations en 1996, elle était utilisée comme cave. Au deuxième niveau, la pièce, de plan carré et d’une hauteur sous plafond de 2,20 m, est plus vaste (25 m2) en raison de l’amincissement des murs sur une épaisseur d’environ 1 m. Le retrait a permis, notamment, d’asseoir aisément des poutres de rives destinées à recevoir le plancher. Aucune observation archéologique n’a été réalisée au dernier niveau pour des raisons de sécurité. Toutefois, la superficie de la pièce a pu être estimée aux alentours de 34 m2.

Deux types d’appareil distincts ont été mis en œuvre pour la construction des parements externes du premier édifice. Les parties non visibles à l’origine, puisque dissimulées par la courtine ou enterrées, sont traitées en blocs de grès de tailles variables disposés sans agencement défini et liés avec du mortier de chaux (face nord, premier et deuxième niveaux ; face ouest, premier niveau). Les parties visibles sont soigneusement montées en moyen appareil assisé de blocs de grès d’un module compris entre 0,70 x 0,30 m et 0,26 x 0,24 m (face ouest, premier niveau, faces sud, est et ouest, deuxième niveau, et face nord, troisième niveau). Sur le côté nord, ce bel appareil n’est perceptible qu’au sommet du bâtiment, ce qui permet d’estimer la hauteur initiale de la courtine à 8,50 m.

Une seule phase de reconstruction a été observée au dernier niveau, sur les côtés est, nord et sud du monument. Elle est matérialisée par un blocage de pierres calcaires et de grès liées avec du mortier fin de couleur rose. Cette restauration partielle résulte, sans doute, d’un effondrement, à une période indéterminée, du sommet de l’édifice.

Dix ouvertures ont été observées sur l’ensemble du bâtiment. Seules deux d’entre elles semblent d’origine. Il s’agit de deux portes aménagées sur la face nord, c’est-à-dire côté ville. Établie au premier niveau, la première mesure 0,92 m de large et 1,56 m de haut. Visible au deuxième niveau, la seconde, d’une largeur de 0,60 m et d’une hauteur de 2,20 m, est munie d’un seuil et de trois marches en grès, ainsi que d’un linteau consolidé récemment par des briques et du ciment. Cette porte permettait la communication entre la courtine et la tour.

Une canonnière a été percée ultérieurement à la base de la face ouest après le dégagement partiel des fondations. D’une largeur de 0,44 m et d’une hauteur de 0,60 m, elle est encadrée par des blocs de grès.

La tour dite du Harfenthurm

Cette tour, également quadrangulaire, a été érigée peu après la construction de l’enceinte principale. Elle a eu pour but de renforcer l’angle rentrant de 90° que dessine l’enceinte à cet endroit, zone très fragile lors d’attaques d’assaillants.

Cette tour mesure presque 8 m de côté pour une hauteur conservée de 1,70 m. Elle s’appuie perpendiculairement aux murs de l’enceinte urbaine et possède des murs très épais de 2,30 m propres à repousser les attaques d’artillerie. Ces murs présentent un bel appareil de revêtement avec des assises irrégulières et sont composés de gros moellons en grès jaune et rose liés à mortier de chaux beige très solide.

N’ayant pas d’élément indiquant la hauteur initiale de cette tour, on est pourtant en droit de penser que celle-ci dépassait sûrement le niveau du chemin de ronde des courtines.


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Les remparts vus par Jean Morette


Les fossés

Un système de deux fossés parallèles (fossés nord et sud) a été observé sur l’ensemble du site, soit sur une longueur supérieure à 150 m. À l’ouest, leur tracé suit l’inflexion de la courtine, ainsi qu’à l’est, où le fossé sud prend une direction nord/sud, parallèlement au tracé de la courtine. Le fossé nord est directement accolé à la fausse-braie, alors que le fossé sud se trouve à environ 11 m de celle-ci. Les deux fossés sont séparés par un terre-plein de 7 m de large. De même que le terrain, leur déclivité importante est comprise entre 2,1 et 2,63 % dans la zone fouillée en 1996. Ce pendage semble s’accentuer à l’ouest de la tour du Lanter, où il atteint près de 20 %. À cet endroit se développe, sur la plate-forme entre les deux fossés, un remblai d’occupation à dominante sableuse de couleur marron clair contenant des graviers, des nodules de grès, quelques galets et un peu de faune. Seul le fossé sud a été dégagé lors de l’intervention de 2008.

Le fossé nord
D’une profondeur comprise entre 1 m et 1,47 m, ce premier fossé se développe sur une largeur à l’ouverture comprise entre 3,80 m (fouille 1996) et 5 m environ (fouille 1999). Il dessine un profil en cuvette, aux parois évasées et au fond relativement plat. Son remplissage, assez homogène, est matérialisé par une succession de couches à dominante limono-sableuse de couleur marron contenant quelques matériaux de construction dont des nodules de terre cuite et des fragments de pierre calcaire. L’absence de dépôt organique à sa base permet d’avancer l’hypothèse d’un fossé sec. Le comblement supérieur, en limite orientale du fossé, est caractérisé par des inclusions importantes de blocs calcaires et gréseux, mêlées à des débris de mortier identique au liant utilisé pour le mur de fausse-braie : il résulte donc du démantèlement de l’ouvrage avancé. La nature de la sédimentation permet d’entrevoir un comblement rapide du fossé avec des matériaux propres.

Le fossé sud
D’une profondeur comprise entre 0,70 m et 1,47 m, ce second fossé se développe sur une largeur à l’ouverture comprise entre 2,17 m (fouille 1999) et 4,20 m (fouille 1996). Il dessine un profil en cuvette, aux parois évasées et à fond plat, à l’est, ou concave, à l’ouest. Son remplissage résulte d’une accumulation de sédiments à matrice sableuse incluant des graviers, quelques matériaux de construction et un peu de faune. De même que le précédent, ce fossé ne contient ni matériel archéologique, ni trace de dépôt particulier qui auraient permis d’identifier sa mise en eau.

Ces fossés sont scellés par un apport sédimentaire anthropique qui témoigne de la volonté d’assainir le terrain après le démantèlement de l’enceinte et antérieurement à la transformation du site en jardins.


Conclusion


Les opérations d’archéologie préventive réalisées le long de la rue de la Montagne ont permis de mettre en évidence un système défensif complexe sur le flanc sud de l’enceinte urbaine de Saint-Avold. Celui-ci est formé par une courtine devancée par un mur de fausse-braie, lui-même précédé de deux fossés parallèles. Datées par les textes du milieu du XIVe siècle, les fortifications sont figurées de manière schématique sur un plan tardif du XVIe siècle par un double trait représentant sans doute les deux murs.

L’établissement de ce système défensif à fossé double a sans doute été dicté par la morphologie du terrain qui présente un versant très incliné d’est en ouest et du sud au nord. En effet, dans ce secteur, l’enceinte se trouve en contrebas des terrains environnants, alors que son flanc nord est établi en plaine alluviale. La raison d’un tel dispositif, fréquent semble-t-il à partir du XIVe siècle, est sans doute aussi d’ordre militaire. Le second fossé ou « arrière-fossé » est alors aménagé dans le dessein d’éloigner l’assaillant de la courtine, l’attaque rapprochée étant largement pratiquée jusqu’au début du XVe siècle, de ralentir sa progression et de lui interdire le recours à des galeries de mine boisées creusées trop près de la surface. L’absence de dépôt organique dans les comblements de ces fossés témoigne de structures dépourvues d’eau. Cette observation archéologique semble être confirmée par une interdiction, proclamée par le maire et son tribunal «
d’aller dans les fossés de la ville ».

Quant à la tour du Lanter, deux types d’appareillage d’origine ont été identifiés. Le premier, apparent, correspond à un assemblage de gros blocs de grès disposés en assises régulières. Le second, caché par la courtine, est formé par un blocage de pierres calcaires de taille variable. Cette donnée a permis d’estimer la hauteur primitive de la courtine à 8,50 m. Situé à une altitude similaire à celle du chemin Mahon, le chemin de ronde participait ainsi efficacement à la défense de la ville, par un tir frontal vers le sommet du talus et d’escarpe en direction du fossé sud.

Le tracé de la courtine, à l’est de la tour du Lanter, coïncide sans doute avec les façades postérieures des maisons d’habitation longeant la rue de la Montagne. Il serait donc parallèle à celui du mur de fausse-braie. Cependant, en l’absence de surveillance archéologique lors de la destruction des bâtiments dans les années 1960, cette hypothèse, basée uniquement sur la lecture des plans cadastraux de cette époque, ne pourra jamais être vérifiée, d’autant plus que les fondations, peu profondes, n’ont sans doute laissé aucune trace au sol.

Enfin, l’opération de 2008 a permis de situer avec précision la tour dite du Harfenthurm qui est une tour de défense d’angle, présentant ainsi un autre type de tour que celle du Lanter qui est une tour de défense sur un front d’enceinte rectiligne.




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