Septembre 2017


"Saint-Avold hier et aujourd'hui"




affiche-expo

SAINT-AVOLD HIER ET AUJOURD'HUI

Du 16 septembre au 5 octobre
la Société d'Histoire du Pays Naborien
vous propose une exposition de photos
aux Archives municipales de Saint-Avold
21 rue de la Merle
SAINT-AVOLD Cité Jeanne d'Arc


Des plans pour se rendre aux Archives figurent ICI.



expo

"Le Républicain Lorrain" du 14 septembre 2017




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L'exposition connait un beau succès. Elle est encore visible à Jeanne d'Arc du lundi au vendredi matin de 8 H 30 à 17 H, et ceci jusqu'au 5 octobre inclus.




La conférence du vendredi 15 septembre




LE CANTIQUE ALLEMAND DANS L’ÉGLISE DE MOSELLE
HISTOIRE CULTURELLE ET RELIGIEUSE D’UN DIOC
ÈSE D’ENTRE-DEUX

par Ghislain KNEPPER

Le cantique en langue allemande, contrairement à ce qu'on affirme souvent, n'est pas une invention protestante, mais bien un chant catholique à l'origine, dont les Réformés se sont saisis et qu'il ont inséré dans leur liturgie. Cette assimilation ne fut pas aussi évidente dans la liturgie catholique en raison de son caractère contre-réformateur qui conduisit le Magistère, pendant des siècles, à en réfreiner l'usage dans les rites sacrées de la Messe.
L'Eglise catholique a toutefois toujours considéré les cantiques en langue vernaculaire avec beaucoup de bienveillance en leur accordant une place de choix dans l'enseignement religieux, la paraliturgie quotidienne ou encore les offices de dévotion populaire.

Après le Concordat, l'Eglise de Moselle a dû affronter la pauvreté matérielle et intellectuelle qui résulta des désastres causés par la Révolution française. Pendant près d'un siècle, elle tenta de donner à ses fidèles germanophones un livre de chants qui unifirait la prière des catholiques. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le cantique connut un nouvel élan sous le regain de la dévotion populaire, notamment des offices de dévotion, des confréries et confraternités, ou encore des pélerinages et processions. Pendant ce siècle, faute d'une littérature religieuse de qualité, les fidèles germanophones se tournèrent vers les livres de cantiques des diocèses voisins de Spire et de Trèves, même si le goût mosellan se tournait plus vers les vêpres latines que vers les offices chantés en langue allemande.

En 1905, en une période pourtant axée sur la mise en oeuvre du Motu proprio de Pie X sur la musique sacrée, Monseigneur Benzler offrit à ses fidèles le premier ouvrage de dévotion digne de ce nom, dont la composition ne trahit pas la sensibilité rhénane des Mosellans germanophones. Le Metzer Gesang- und Gebetbuch connut plusieurs ré-éditions dont la plus conséquente fut conduite en 1927 sous l'épiscopat de Monseigneur Pelt, confirmant ainsi la volonté de franciser les populations germanophones du diocèse. Cette seule entreprise prouve que le chant est bien plus qu'un ornement liturgique ou une distraction à visée catéchétique, il est aussi un marqueur identitaire fort, un objet musical qui peut devenir un instrument de propagande en faveur de la francisation forcée de la Moselle après son retour à la France.

Les travaux menés jusqu'à présent ne me permettent que de vous faire part de quelques perspectives historiques liées au sujet que nous venons d'explorer. Il nous faudra évidamment considérer la place du cantique allemand pendant la deuxième Annexion de la Moselle et sa place dans la vie des familles réfugiées. L'enjeu après 1945 ne sera plus d'ordre identitaire, mais pastoral. En effet, le concept de "participation active des fidèles" évolua pendant cette époque dans le sens de donner aux fidèles la possibilité de chanter dans leur langue maternelle, et non plus en latin. Le Concile Vatican II, qui établit la nouvelle forme du rite romain de la Messe, affirme "Le chant religieux populaire sera intelligemment favorisé pour que, dans les exercices pieux et sacrés, et dans les actions liturgiques elles-mêmes, conformément aux normes et aux prescriptions des rubriques, les voix des fidèles puissent se faire entendre." Plus loin, il est aussi dit : "On veillera cependant à ce que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble, en langue latine, aussi les parties de l’ordinaire de la messe qui leur reviennent." Cinquante ans plus tard, nous constatons bien que ce qui devait être un usage qui se marie intelligemment avec le chant en langue latine, a fait place – en réalité – à un usage systématique des chants en langue vernaculaire.

Pour nous, en Moselle, cela s'est traduit – sauf quelques rares exceptions – non seulement par l'abandon complet du chant grégorien, que l'Eglise a toujours fièrement défendu comme le "modèle suprême de la musique sacrée1", mais aussi par celui de chant en langue allemande, du chant de ces cantiques centenaires que nos ancêtres ont défendu et promu pendant des siècles comme leur patrimoine et leur trésor. En ce week-end du Patrimoine 2017, où tant d'initiatives sont organisées pour découvrir les richesses du patrimoine matériel bâti qui dessine notre horizon visuel, n'oublions pas qu'il existe aussi un patrimoine immatériel qui sculpte notre paysage intérieur et dont la préservation est d'autant plus délicate qu'il ne s'impose pas directement à nos sens : le cantique allemand et le chant grégorien en font partie. On ne peut ballayer du revers de la main l'héritage de siècles de coutumes et de traditions en Moselle. Le redécouverte et la remise à l'honneur de ce répertoire qui a forgé la culture religieuse et l'identité de notre territoire seraient à la fois porteuses de sens pour aujourd'hui et d'espoirs pour l'avenir.

1 Lettre de Benoit XVI au cardinal Zenon Grocholewski, 01/06/2011



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