Juin 2018


La conférence du 25 mai





LES INCORPORÉS DE FORCE DÉCÉDÉS ET DISPARUS DU PAYS NABORIEN

par Cédric NEVEU

En août 1942, le Gauleiter Josef Bürckel introduit le service militaire obligatoire en Moselle annexée. 30 000 Mosellans ont été contraints de servir dans l’armée allemande, victimes de la politique d’annexion de la Moselle au Reich dont la conscription devait constituer l’aboutissement, le test suprême de l’intégration des Volksdeutschen mosellans au sein du Grand Reich. 6 770 Mosellans perdent la vie ou disparaissent sur les différents fronts du plus vaste conflit de toute l’histoire humaine, des plaines enneigées de Russie au bocage de la campagne normande. Cela représente un taux de décès conséquent de 22,6%, proche de celui constaté dans l’armée allemande (24%).

Presque chaque famille du pays naborien a été touchée : un frère, un fils, un oncle, un père est mort ou a disparu sans avoir de lieu pour se recueillir. Plusieurs questions se sont rapidement posées à nous : Qui étaient ces jeunes ? Comment sont-ils morts ? Combien sont disparus et dans quelles circonstances ? Sur quels fronts ? Quelles années ont été les plus meurtrières ? C’est à ces différentes questions que nous nous sommes efforcés de répondre au cours de notre travail de recensement des incorporès de force mosellans décédés ou disparus pour le projet de mémorial de Gravelotte. Résultat de plusieurs années de recherche, il s’agit de la première et seule étude statistique sur l’incorporation de force tant en Moselle qu’en Alsace.

Outre les aspects statistiques indispensables pour comprendre ce qu’a été la réalité de ce drame spécifique au régions annexées, notre propos est aussi, au travers de parcours individuels, d’humaniser des chiffres, de restituer, tant faire se peut, ce qu’à a été le destin d’une jeunesse fauchée pour un pays qui n’était pas le sien, pour un système contraire à ses valeurs.

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Les conférences de Cédric Neveu ont toujours beaucoup de succès. Mais cette fois les records ont été battus :
Plus de 150 personnes l'ont longuement applaudi et encouragé à poursuivre ses recherches
sur les incorporés de force mosellans et notamment naboriens.






Association de Sauvegarde des Petits Ouvrages de Laudrefang et Téting (ligne Maginot)




blochaus


Les 9 et 10 juin prochains, l'Association de Sauvegarde des Petits Ouvrages de Laudrefang et Téting (ligne Maginot) s'apprête à souffler ses 10 bougies ; une occasion pour venir découvrir (ou redécouvrir) le temps d'un week-end, le Bloc n°3 du P.O. de Laudrefang et l'ensemble du travail de restauration entrepris par l'association depuis une décennie.

De la chambre de tir d'infanterie à la tourelle de mitrailleuses, en passant par la chambre de tir des mortiers de 81 mm et l'usine électrique, l'histoire de l'ouvrage, du Bloc n°3 et de son équipage sera exposée au cours de visites explicatives qui se tiendront le samedi, de 14h à 18h30 et le dimanche, de 9h à 18h.
Les visites seront complétées par la présence de reconstituants revêtus de l'uniforme du soldat français de 1939-1940 qui présenteront du matériel militaire français de cette période.



Lu dans "Le Républicain Lorrain"


Avrange
Dans le chœur de l’église Saint-Michel de Vienne, la sculpture
de la chute des anges a été dessinée par Jean-François d’Avrange.




Jean-François d’Avrange, l’ingénieur


Partons à la découverte des hommes et des femmes qui ont fait Saint-Avold à travers les siècles en compagnie de Pascal Flaus, président de la Société d’histoire du Pays naborien.

« Le destin de Jean-François d’Avrange est typique de ces familles lorraines qui, issues d’une origine modeste, ont connu une ascension fulgurante auprès de la cour d’Autriche. »

• L’exode lorrain

En 1736 le duc de Lorraine François III, aussi appelé François Etienne, doit céder son duché au royaume de France en épousant Marie-Thérèse d’Autriche. Sitôt fait, il quitte ses terres pour rejoindre Vienne. « Un auteur parle de “Lorrains dispersés”.
Lorsque le duc quitte Nancy, il emmène sa cour et de très nombreuses familles lorraines le suivent.
Il y a à la fois des fonctionnaires, des officiers, des administrateurs, mais aussi des bourgeois. Parmi eux, on trouve des Naboriens. »
L’impératrice Marie-Thérèse s’efforcera de placer certains d’entre eux à des postes de responsabilité. « C’est ce qui permettra au “génie lorrain” de s’épanouir en Europe. »

• De Saint-Avold à Vienne

Fils de boucher et petit-fils de cordonnier, Jean-François d’Avrange voit le jour à Saint-Avold le 28 juin 1728.
« Je pense qu’il a suivi une éducation bilingue auprès de l’abbaye de Saint-Avold. Ensuite il fait une courte carrière dans les armées du roi de France comme dessinateur auprès de Cormontaigne de 1748 à 1753 avant de devenir dessinateur géographe à Bitche jusqu’en 1756. »
Domicilié à Strasbourg à partir de cette date, Jean-François se met, par le biais de son épouse germanophone, au service de la monarchie des Habsbourg. En 1760 les d’Avrange quittent Strasbourg pour Vienne.

• Ingénieur de fortifications

« C’est assez incroyable, il est engagé comme précepteur de mathématiques auprès de la cour d’Autriche. Jean-François enseigne aux archiducs Ferdinand et Maximilien. Cela lui vaudra le grade de colonel. »
Fondateur en 1769 de l’académie d’ingénieurs de Vienne, Jean-François en assure la direction de 1771 à 1784. Inventeur, le Naborien est à l’origine d’une machine permettant de récurer les cours d’eau.
« Dans le même temps, il est engagé afin de transformer l’église gothique Saint-Michel de Vienne et lui donner un style baroque. C’est un précurseur de ce mouvement. »

• À Mantoue

En 1789, Jean-François est envoyé à Mantoue, « il monte en grade puisqu’il est nommé à la direction des fortifications du district militaire de Lombardie ».
Jean-François en profite également pour transformer le couvent des capucins en hôpital militaire, créant dans le même temps un lit spécifique pour les casernes et hôpitaux que les Autrichiens appelle « Davransche Bett ». « Toutes les fortifications actuelles de la ville sont signées d’Avrange. »
Finalement, c’est le 7 avril 1789 que son histoire s’arrête « comme pour tout un chacun », décédé à Mantoue, Jean-François d’Avrange y est enterré.

David HOURT



La Bibliothèque de la S.H.P.N.


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