Avril 2019


La conférence du 12 avril



Vendredi 12 avril2019 à 20 heures
à la Salle des congrès de la piscine
rue de la piscine
à SAINT-AVOLD

Conférence de C
ÉDRIC NEVEU


UN CRIMINEL DE GUERRE EN MOSELLE ANNEXÉE :
PHILIPP MEHL




Son nom est inconnu pour la plupart des Mosellans. La mémoire ne l’a pas retenu au contraire du général SS Anton Dunckern, chef de la Sipo-SD pour la Lorraine-Sarre-Palatinat, du commissaire Hans Käppel, responsable du démantèlement de la Résistance communiste ou de Georg Hempen, le commandant du fort de Queuleu. Pourtant, à partir de 1943, le commissaire Philipp Mehl est le troisième policier le plus important dans le dispositif répressif mis en place en Moselle, l’adjoint du chef de la Gestapo. Muté en 1942 comme chef de la Sipo-SD de Sarrebourg, Philipp Mehl s’illustre par la pendaison de travailleurs polonais. Transféré à Metz, il incarne au sein du groupe des commissaires – avec Hans Käppel et le chef de la Gestapo Hans-Georg Schmidt, la radicalisation des politiques répressives menées par la Gestapo. Responsable de la sécurité de l’Industrie et du contre-espionnage - section III -il intervient dans la destruction du groupe « Mario », dirige les actions contre les insoumis au service militaire du printemps 1944. C’est lui qui est à la manœuvre lors de la double action de Longeville-lès-Saint-Avold et Bambiderstroff. A partir de juillet 1944, il dirige un Sonderkommando qui multiplie les arrestations et les exécutions sommaires dans les forêts et les villages de l’est mosellan, notamment celle de deux aviateurs américains à Fouligny. Avec la bataille de la Moselle, il s’illustre encore tristement lors du massacre du 23 novembre 1944 à Longeville-lès-Saint-Avold. En 1945, il appartient à l’organisation clandestine Werwolf impliquée dans l’exécution de civils allemands.

Après s’être plongé dans les archives de la justice militaire conservées au Blanc (Indre), Cédric Neveu propose de brosser le portrait de cet homme ordinaire, simple policier dans les années 20, mais nazi convaincu – il participe au putsch de la Brasserie en novembre 1923 – entré dans la Gestapo et qui révéla une nature particulièrement brutale à tel point que ses collègues s’en émeuvent. Poursuivi trois fois par contumace, condamné à deux reprises à la peine de mort (3 novembre 1949 et 30 juin 1950), il reprend pourtant tranquillement une activité professionnelle comme employé commercial dans une compagnie pharmaceutique.

Cédric Neveu, professeur d’histoire dans la Manche, est l’un des spécialistes de la Moselle annexée pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a notamment publié aux éditions du Quotidien "La Gestapo en Moselle" et une "Histoire de la Résistance en Moselle annexée, le Groupe « Mario" .





La conférence du 10 mai




Cette conférence prévue initialement vendredi 15 mars est reportée au vendredi 10 mai


Vendredi 10 mai 2019 à 20 heures
à la Salle des congrès de la piscine
rue de la piscine
à SAINT-AVOLD

Conférence de PIERRE BRASME


LE MALAISE ALSACIEN-LORRAIN :
QUAND LA FRANCE A FAILLI COMPROMETTRE
LA REINTEGRATION DES PROVINCES RECOUVREES (1918-1919).




Après quatre ans de guerre, de pénurie et de restrictions de leurs libertés, et après un demi-siècle d’annexion, les habitants du Reichsland accueillent avec enthousiasme les troupes françaises, montrant ainsi leur bonheur du retour à la paix et à la France.

Mais, passée l’euphorie de la victoire, la réintégration des provinces recouvrées ne va pas sans poser de problèmes, et très vite le bonheur de novembre 1918 laisse place à un désenchantement, à une désillusion, voire à un mécontentement face à la politique menée par la France : c’est ce qu’on appelle « le malaise alascien-lorrain », qui durant quelques mois peut laisser penser que, par sa volonté centralisatrice, ses erreurs, ses hésitations et sa méconnaissance des réalités alsaciennes-lorraines, la France a failli compromettre la réintégration et a laissé dans l’esprit des Alsaciens-Lorrains l’impression qu’ils n’étaient pas redevenus des Français à part entière.

Né en 1949 à Auchel (Pas-de-Calais), où son père était mineur de charbon avant de venir travailler dans les mines de fer de Lorraine en 1957, Pierre BRASME a fait ses études secondaires à Fribourg en Suisse et ses études universitaires à Metz. Il est professeur honoraire agrégé d’histoire-géographie et titulaire d’un doctorat en histoire contemporaine à la suite d’une thèse sur « La population de la Moselle au XIXe siècle ».

La plus grande partie de sa carrière d’enseignant s’est déroulée au collège Pierre Mendès-France de Woippy, ville dont il a publié l’histoire en trois ouvrages (dont un sur la fraise de Woippy). Il a fondé en 1988 la Société d’Histoire de Woippy, dont il a été président durant 26 ans, et dont il est maintenant le président honoraire. Il est à l’origine de la création du Prix d’histoire régionale René-Paquet, du Sentier historique de la ville de Woippy, de la revue annuelle Les chroniques du Graoully, et l’un des fondateurs (2003) et organisateurs du Salon du Livre d’Histoire de Woippy, dont la dernière édition s’est tenue les 17 et 18 novembre 2018 à l’occasion du centenaire du 11 novembre et du retour de la Moselle à la France.

Depuis une dizaine d’années, il anime le Comité d’Histoire du Pays Messin qui rassemble une quinzaine de sociétés d’histoire locale et organise chaque année en novembre un colloque sur l’histoire de Metz et de sa région. Entré à l’Académie nationale de Metz en 2007, il en est membre titulaire depuis 2013, vice-président depuis 2016 ; il en deviendra président au 1er octobre prochain.

Pierre Brasme est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages consacrés surtout à l’histoire de Metz, de la Moselle et de la Lorraine. Il est également l’auteur de quatre romans dont un roman historique, L’indésirable, sur l’expulsion des Allemands au lendemain de l’armistice de 1918 ; le plus récent, Dernier seigneur, aux éditions La Valette, est un plaidoyer en faveur des librairies indépendantes, soutenu par la région Grand Est.

Il dédicacera son nouvel ouvrage « De la Lorraine allemande à la Moselle française (1918-1919) », paru aux éditions des Paraiges en juin 2018 (prix des Conseils départementaux de Lorraine).




Photos





1918

Voici 60 photos
relatives aux défilés, aux festivités et au passage dans notre ville des généraux Maud'huy, Mangin, de Mitry,
du maréchal Pétain et du président Poincaré.

Cliquer ICI.




Le Ban Saint-Jean





COMPTE RENDU DE LA CONFÉRENCE DE GABRIEL BECKER
LE 8 FÉVRIER 2019
SUR LE BAN SAINT-JEAN


Dés la fin de la guerre, des articles de journaux signalaient des charniers à Boulay et au Ban Saint-Jean , estimant le nombre de cadavres entre 20 000 et plus de 23 000.

Construit entre 1934 et 1936 comme camp de sûreté pour les militaires de la ligne Maginot (surtout le Secteur Fortifié de Faulquemont), le Ban Saint-Jean hébergea les soldats du 146e R.I.F., sur une surface de 88 ha située en pleine forët.

Après la guerre de 1939-1940 et l'annexion de la Moselle au Reich, il servit pendant quelques mois de lieu de détention pour les prisonniers militaires français.

Le 22 juin 1941, Hitler envahit l'Union Soviétique. Les Ukrainiens, qui considéraient les soldats alemands comme des libérateurs, sont faits prisonniers par centaines de milliers et déportés à l'intérieur du Reich. Avec ces arrivées massives, le Ban Saint-Martin devient officiellement un Zweiglager (camp annexe) du Stalag XII F dont le siège est à Forbach.

L'extermination des « sous-hommes » slaves était programmée, mais il fallait tout d'abord les exploiter au maximum comme main-d'oeuvre dans les mines de fer et de charbon de Moselle. Après un voyage interminable, ils étaient débarqués en gare de Boulay dans un état physique déplorable.

Les plus faibles étaient dirigés vers le pseudo-hôpital de campagne de Boulay; 3 600 d'entre eux reposent dans une partie de l'ancien cimetière israélite. Les autres vont à pied jusqu'au camp du Ban Saint-Jean (5 km) où ils sont parqués (de 1941 à 1944 ils seront plus de 300 000 à y séjourner), avant d'être envoyés dans les mines environnantes. Les conditions d'acheminement et de travail, ainsi que d'alimentation provoquent une importante mortalité.

Certains prisonniers, plus forts physiquement, ont plus de chance car employés par les paysans des alentours, chez qui ils sont alimentés normalement et traités humainement. Les conditions de détention sont alors connues à l'extérieur du camp, où la « politique du ventre vide » suffit à remplir les charniers. Des liens se créént entre prisonniers et bienfaiteurs, des amourettes aussi, et même un mariage. Des détenus confectionnent des objets-cadeaux, pour remercier, dont beaucoup sont encore conservés.

En novembre 1944, le camp est évacué définitivement avec les prisonniers valides. Les Américains y trouveront 2 100 grabataires souffrant essentiellement de tuberculose et de malnutrition, qui seront transférés pour soins à Toul. À la paix, les survivants et la communauté ukrainienne de l'Est de la France alertent l'opinion publique.

Fin 1945, en présence d'autorités civiles et militaires françaises et soviétiques, il est procédé à des sondages dans les fosses, avant d'informer les quotidiens régionaux.

Avec la Guerre froide, les autorités soviétiques ignorent totalement le site, qui est converti par la communauté ukrainienne en lieu de mémoire du martyre de leurs compatriotes, en y mettant en place un cimetière décent .Ceci se sait en haut lieu, et indispose Moscou, d'où la décision d'exhumation en 1979 et 1980 des restes, qui sont transférés vers une nécropole soviétique commune dans l'Oise, à Noyers-Saint-Martin.

On exhume officiellement 2 879 corps avant l'abandon du site. La nature reprend ses droits, les baraques du casernement sont rasées, les maisons des officiers désertées et décoiffées. Fin 2000, la presse annonce l'implantation imminente d'un complexe industriel. D'où protestation massive, et arrêt du projet.

L'A.F.U. (Association Franco-Ukrainienne pour la réhabilitation du cimetière du Ban Saint-Jean), créée en 2004, milite depuis pour la reconnaissance et le devoir de mémoire du camp, et enquête parmi les anciens témoins et dans les archives pour en savoir plus.

Conférences, marches et cérémonies du souvenir font connaître le site. Le 24 juin 2012 une stèle en hommage aux victimes est inaugurée. Suivront un parking et un chemin d'accès, une autre stèle en 2017 à Noyers-Saint-Martin. Les enfants et petits-enfants des victimes viennent s'y recueillir.

Quatre livres font le point sur l'évolution des recherches, ainsi que la notice qui a été utilisée pour l'élaboration de ce texte. Le tout peut être consulté ou acquis par le biais des sites internet de l'A.F.U. (www.ban-saint-jean.fr), de M.BECKER son secrétaire (gabriel.ricrange@wanadoo.fr), ou à l'O.T.S.I. de Saint-Avold .

Noël Gabriel



Stacks Image 207


La stèle du Ban Saint-Jean

Stacks Image 209

La stèle de Noyers-Saint-Martin





La Bibliothèque de la S.H.P.N.


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